Né en
1746 dans le
Gard (à
Gallician,
Vauvert ou
Nîmes), décédé en
1794 à
Nîmes (guillotiné).
Bourgeois révolutionnaire influent du Gard, administrateur de Nîmes, premier administrateur du district de Sommières. Il fut condamné à mort comme "fédéraliste", par le tribunal criminel du département du Gard. Il fut l'une des toutes dernières victimes de la Terreur.
Biographie
Le Contexte
Protestant, agriculteur et négociant fortuné de
Nîmes et de
Camargue, quoique républicain respecté et membre d'une famille influente, il fut accusé sous la Révolution française de "modérantisme".
Le "Club des Amis de la Constitution"
Membre dès l’été
1790 du "Club des Amis de la Constitution" qui est alors le maître absolu de la ville de
Nîmes, du district et du
département du Gard. Son règne durera jusqu’à l’écrasement du
Fédéralisme (dont Jean Valz est partisan).
Les huguenots -dont Jean Valz- prennent part à l’élection de l’évêque constitutionnel, tandis que les catholiques s’abstiennent, et que quantité de prêtres s’enfuient vers l’Ardèche. Ce sont les bourgeois aisés qui dirigent alors le département.
La "Terreur"
En
1793, la révolution se radicalise et les « montagnards » (parti de Robespierre) prennent le dessus.
Les notables sont désarmés et les antagonismes sociaux l’emportent sur la solidarité religieuse et va jusqu'à diviser les protestants.
Malgré la réaction des bourgeois protestants et catholiques contre la société populaire et petite-bourgeoise radicale, l’insurrection fédéraliste est abandonnée dès la fin 1793.
La Terreur est alors très forte à Nîmes (bien plus qu'ailleurs en province, à l'exception dans le sud, de Marseille et de Toulouse) qui imite Paris dans les antagonismes de classes.
La condamnation
Ainsi, quoique bien connu dans le
Gard comme étant républicain, Jean Valz, Administrateur de la ville de
Nîmes, membre du Comité de surveillance, membre de la "Société Républicaine" et également Premier Administrateur du district de
Sommières, est accusé de modérantisme et de
Fédéralisme, et est condamné à monter sur l'échafaud dressé sur l'Esplanade de
Nîmes le 1
er Thermidor de l'An II - le 19 Juillet
1794 - (avec 16 autres condamnés, tous membres du district de
Nîmes et du conseil départemental). Ce fut une des toutes dernières victimes de la Terreur.
Ils sont pour la plupart dénoncés par le nouveau Premier officier municipal (Maire), Courbis, rallié au courant de Robespierre.
Le texte d'accusation est le suivant : "Accusé d'avoir tenté d'altérer et même de rompre l'unité et l'indivisibilité de la République, d'usurper l'autorité nationale et d'avoir mis tout en oeuvre pour favoriser le plan de corruption des citoyens, de la subversion des pouvoirs et de l'esprit public et d'avoir avili la responsabilité nationale".
La véritable raison de la condamnation est plus simple : Jean Valz était un protestant fortuné et influent rallié au Fédéralisme.
Le facteur religieux
Les
protestants, proportionnellement à la population totale, subissent beaucoup plus le régime de la Terreur.
Cela s'explique aisément : le commerce et l'industrie sont à cette époque à Nîmes essentiellement aux mains des réformés (d'abord pour deux raisons : c'est alors une des rares profession "publique" et enrichissante financièrement qui leur est autorisée d'exercer ; les persécutions et exils ont finalement créé un réseau protestant à travers l'Europe facilitant grandement les échanges commerciaux), et ce sont surtout les négociants nîmois qui embrassent la cause du Fédéralisme.
La famille Valz était très attachée à la religion réformée. Par le passé, elle due déjà payer de très lourdes amendes (ordonnées en 1751 par l'Intendant du Languedoc, le chevalier Guignard de Saint-Priest) pour avoir refusé de renouveler son baptême du "Désert" selon le rite de l'Église catholique romaine.
Remarques
La famille de Jean Valz
- Jean Valz était administrateur de Nîmes comme Louis Mazelet (petit frère de Jean Mazelet, Seigneur de La Baume et d'autres contrées cévenoles) dont le petite-neveu épousera sa petite-fille.
- Un parent de Jean Valz devient le Premier officier municipal (Maire) de la ville de Nîmes moins d’un an plus tard (le juge au tribunal de première instance, Vincent Valz).
- Jean Valz est le père de l'astronome Benjamin Valz et du notable nîmois Charles Isidore (Isidore) Valz.
- C'est également le gendre du naturaliste Pierre Baux.
- Sa belle-fille est la soeur de David Dombre.
- Marie Valz, une parente, racheta le Couvent des Ursulines au 19e siècle pour l'offrir aux Protestants sous la dénomination de "Petit Temple" (toujours en activité, en plein coeur de Nîmes).
La fin de Courbis
- Courbis est, à la chute de la Terreur, massacré dans un soulèvement spontané du peuple nîmois.
Articles connexes